Compositeurs français contemporains de Louis Vierne

Sylvio Lazzari (1857-1944)

Sylvio Lazzari est né le 30 décembre 1857 à Bozen, dans le Tyrol méridional. Son nom italien provient de l’origine napolitaine de son père. Ce dernier est mort alors que le jeune Sylvio n’avait que trois ans. Le remariage de sa mère le laisse enfant unique. Il commence très tôt l’apprentissage de la musique : dès six ans le violon et à huit ans il entre dans l’orchestre de la ville. Cependant, suivant la volonté de sa famille, il ne se tourne pas vers une carrière musicale mais juridique. Cela ne l’empêche pas de publier quelques mélodies. Mais à vingt-cinq ans, une fois son diplôme obtenu à Vienne, il part pour Paris puis pour Londres. Une mésaventure le fait rester en France et il réussit, par de curieux hasards, à s’introduire dans le milieu artistique de la capitale en dépit d'un fort sentiment anti-germanique ambiant.

Pianiste reconnu, il rencontre Gounod en 1883 qui l’envoie au Conservatoire parfaire ses études. Il entre dans la classe de César Franck qui influencera énormément son style. Il compose sur le coup plusieurs œuvres de musique de chambre de grande valeur : un quatuor à cordes en 1887, un octuor à vents en 1889, un trio pour violon, violoncelle et piano et une sonate pour violon et piano dédiée à Eugène Ysaye qui la joua fréquemment. Il est naturalisé français en 1896. Son premier opéra Amor (1889-1894, crée en 1898) marque son amour pour la Bretagne. Son second grand opéra La lépreuse (1899-1902, crée en 1912 à l’Opéra-Comique) reste son œuvre la plus populaire. Suivront ensuite Melaenis (1905-1912, crée en 1927 à Mulhouse), Le Sauteriot (1913-1917, crée en 1917 à Chicago), puis la Tour de feu (1928, des extraits sont enregistrés chez Malibran Music).

Sylvio Lazzari meurt mort le 10 juin 1944 à Suresnes d’une congestion pulmonaire. Son œuvre comprend, outre la musique de chambre et les opéras cités ci-dessus, une splendide symphonie pour orchestre (1907, enregistrée chez Naxos), un Concertstück pour piano et orchestre (1895), une rhapsodie pour violon et orchestre (1922) et plusieurs poèmes symphoniques : Effets de nuit (d’après Verlaine, 1890, enregistré par Michel Plasson), Tableaux maritimes (1920, enregistré chez Naxos), Impressions d’Adriatiques, Fête Bretonne. On trouve aussi une vingtaine de pièces pour piano et une cinquantaine de mélodies diverses.

Ses premières œuvres se placent dans la lignée de l’école franckiste fortement influencée par Wagner. Mais il se détache légèrement de cette voie romantique en incluant le folklore de la Bretagne et un impressionnisme discret. « Sylvio Lazzari demeure extrêmement personnel par la force de sa pensée et la couleur très particulière de sa sensibilité passionnée. Son écriture est claire et robuste, et son orchestre très soigné découvre des effets pathétiques extraordinairement persuasifs. » (Emile Vuillermoz).

Il eut de son vivant de réels succès, mais toujours sans aucune suite : « Bref, sans jamais avoir été un artiste méconnu, car ses succès furent nombreux, Lazzari a été poursuivi toute sa vie par un génie malfaisant qui s’est appliqué à gâter ses réussites. On songe à ces contes classique où un fée, mécontente de ne pas avoir été invitée au baptême d’un nouveau-né, exerce sur l’enfant au cours de son existence, les plus sournoises représailles. Autour du petit Sylvio, on a dû blesser l’amour-propre d’une fée... » (Emile Vuillermoz, l’information musicale, 1942).

Personnellement, je trouve que Lazzari, sans être un musicien révolutionnaire et complètement génial, est un très bon compositeur injustement méconnu. Les quelques œuvres que je connais de lui sont très belles et très bien écrites ; je ne me lasse pas de les écouter. On trouve actuellement en disque sa Symphonie en mi bémol et les Tableaux Maritimes (chez Naxos, 8.554086, collection patrimoine). Cette symphonie est un vrai chef-d’œuvre. Certes, elle reste fortement influencée par celle de Franck, mais l’élève égale ici le maître. Lle mouvement lent est d’une beauté maritime et d’une puissance expressive qui placent cette symphonie au rang des meilleures réussites du genre. Les Tableaux maritimes sont de la même veine et on ne comprend pas pourquoi des œuvres aussi séduisantes et poétiques sont encore négligées par les orchestres français. Son trio pour piano est à signaler, tout comme sa sonate pour violon et piano que j'aime tout particulièrement : œuvre expressive, elle compte de très belles mélodies parcourues d'énergie passionnée. Elle mériterait d’être jouée plus souvent en concert.

Paul Le Flem (1881-1984)

Paul Le Flem est né à Lézardieux en Bretagne en 1881. Il est orphelin à l’âge de douze ans. Étudiant à Brest, il apprend la musique en autodidacte. Sa mauvaise vue l’empêche de devenir marin ; il se rend donc à Paris pour continuer sa formation de musicien. Il étudie avec Widor et Lavignac au Conservatoire (1899) et Vincent d’Indy et Albert Roussel à la Schola Cantorum. Parallèlement, il suit les cours de Bergson à la Sorbonne et obtient sa licence de philosophie. En 1902, parti dix mois en Russie, il rencontre Tchékov, Gorki et Rimski-Korsakov.

De retour à Paris, il est fortement séduit par les innovations musicales du Pelléas de Debussy. Ses premières œuvres marquent ainsi une synthèse remarquable entre l’impressionnisme et l’écriture contrapuntique héritée de la Schola Cantorum. On y trouve la première symphonie (1906-1908), la fantaisie pour piano et orchestre (1911), le poème symphonique les Chants du large (1911) et le Tryptique Symphonique (Danses, Pour les Morts, Invocation) (1912-1913).

Sa femme lui inspire son premier opéra Aucassin et Nicolette (1909), œuvre d’une poésie émouvante aux archaïsmes savoureux. La guerre marque un changement, et devant les difficultés financières, il devint critique musical à la revue Comœdia en 1920 puis chef de chœur à l’Opéra-Comique et directeur de Chanteurs de Saint-Gervais. Il se consacre alors plus souvent aux œuvres de ses contemporains qu’à ses propres compositions. Il revient à l'écriture en 1938 avec le drame lyrique Le rossignol de Saint-Malo. Il compose alors en 1947 son grand chef d’œuvre : La Magicienne de la Mer, légende lyrique inspirée de l’histoire de Ker Ys.

Il laisse aussi trois autres symphonies (1956,1970,1975). Paul Le Flem meurt à 103 ans en 1984. La place de Paul Le Flem est unique dans la musique française. Sa longévité extraordinaire nous laisse une œuvre très variée. On y distingue deux grandes périodes séparées par la Première Guerre Mondiale. Dans la première période, son style est encore fortement marqué par le romantisme du dix-neuvième siècle. Alors que dans la seconde, il aborde un univers tonal beaucoup plus moderne dont les rythmes sont directement issus de Stravinsky. Ce qui nous donne une musique « agressive » au souffle ancestral. Son orchestre est sublime, très coloré et brillant, très boisé et cuivré avec beaucoup d’effets de masse spectaculaire. Mais la marque principale de sa musique est avant tout d’être une « musique de la mer » fortement influencée par la poésie bretonne. « Plus que toute autre, l’œuvre musicale de Paul Le Flem propose une incursion dans le « Bois sacré » du rêve. Poète et artisan avant tout, il appartient à la race de ces créateurs à qui il est donné de percevoir le « rythme du monde » cher à Debussy ». L’homme Paul Le Flem est tout aussi remarquable. Très cultivé, très simple et très généreux, il marqua fortement tous ceux qui le croisèrent. Il existe quelques (trop) rares enregistrements de ses œuvres. On retiendra surtout le disque édité par Timpani faisant découvrir la très belle et romantique première symphonie à l'atmosphère celte et maritime remarquable (j'aime énormément) et la poétique fantaisie pour piano et orchestre. On trouve aussi chez Naxos (8.550981, collection patrimoine à tout petit prix), la vigoureuse quatrième symphonie. Cette œuvre à la puissance tellurique est un vrai chef-d’œuvre qui devrait être joué plus souvent en concert. On y ressent une force granitique et une poésie maritime qui sont la marque d’une personnalité authentique. On trouve aussi sur le même disque le poème symphonique Pour les morts, dédié à ses deux enfants morts. C’est une prière fort émouvante et d’une profondeur remarquable. À découvrir, surtout pour la quatrième symphonie que l’on croirait difficilement écrite par un homme de quatre-vingt quatorze ans. Ont été aussi enregsitrés son quintette avec piano ainsi que les intégrales des oeuvres pour piano et violon et des oeuvres pour piano seul.

Guillaume Lekeu (1870-1894)

Guillaume Lekeu est né le 20 janvier 1870 (la même année que Vierne) à Heusy en Belgique mais a vécu l’essentiel de sa vie en France à Poitiers, Paris et Angers. Musicien extraordinairement doué, il décide de se consacrer cependant à la musique qu’à l’âge de 17 ans, mais déclare déjà que : « si je me mets dans la vie artistique, je me sens maintenant assez de fierté pour ne plus jamais écrire une note de musiquette, ce sera bizarre, détraqué, horrible, tout ce qu’on voudra ; mais du moins, ce sera original. ». Il avait vite compris avec Beethoven, son modèle esthétique, « qu’il y avait autre chose à tirer du quatuor à cordes qu’une œuvre parfaite et régulière à la Mozart ou à la Haydn. ».

Mort le lendemain de ses 24 ans de la fièvre typhoïde, sa création artistique ne s’échelonne que sur sept années donc. Mais sept années où l’on peut déjà voir les trois périodes caractéristiques de beaucoup de compositeurs : les œuvres de jeunesse et d’apprentissage (le gigantesque Trio pour piano et cordes), celles de la maturité (la célèbre sonate pour violon et piano) et les œuvres visionnaires et géniales (l'inachevé quatuor avec piano).

Des 45 œuvres qu’il nous a laissées, la musique de chambre représente l’apport le plus significatif et le plus original et constitue l’un des jalons les plus précieux de la musique franco-belge. On n’ose pas imaginer ce qu'aurait donné cette musique s'il avait vécu plus longtemps. Comment en effet concevoir une œuvre plus géniale et plus grandiose, plus belle et plus titanesque que son Quatuor avec piano qu’il n’a pu terminer ? Il ne nous en est parvenu que les deux premiers mouvements, tout comme pour la Symphonie Inachevée de Schubert (elle aussi en si mineur) avec laquelle les similitudes esthétiques sont plus que troublantes. Romantique passionné et torturé, ses œuvres sont totalement bouleversantes (son Adagio pour cordes vaut aussi bien celui de Barber) et il déclarait que « La joie est mille fois plus difficile à peindre que la souffrance » et aimait avant tout « des mélodies d’une telle longueur qu’un seul exposé suffise à parfaire un morceau de musique ».

Elève de César Franck, son œuvre est une synthèse très originale et personnelle entre Wagner et la musique française. Sa mort précoce est sûrement l’une des plus grandes pertes de toute la musique. Il ne fait aucun doute qu’il serait devenu l’égal des Beethoven, Schubert, Schumann et Wagner s'il avait vécu plus longtemps. Personnellement, c’est un compositeur qui me touche beaucoup, sa musique est d’une beauté extraordinaire et vraiment bouleversante. De ses très nombreuses lettres, on cite ici quelques passages très intéressants qui mettent bien en valeur les sentiments les plus profonds d’un compositeur lorsque qu’il écrit, lorsqu’il crée. On est en présence d’un véritable artiste romantique, à la pensée toujours haute et noble, conscient de la beauté et de la grandeur de son art.

Au sujet de la Sonate pour violon et piano

« Plus je vais, plus je soigne ce que j’écris. Et il ne s’agit pas seulement d’avoir des mélodies en tête, il faut savoir les placer dans une atmosphère capable de le mettre tout à fait en lumière et en valeur. L’accompagnement, jadis imbécile, est devenu chose savante d’où l’obligation pour le musicien de brûler vingt fois plus que naguère. Enfin, c’est la vie, et l’on est payé de toutes ses peines en entendant interpréter ce qu’on a couché sur le papier comme j’ai entendu ma sonate de violon à Bruxelles. »

« Ce qu’est devenu ma sonate de violon sous la main d’Ysaye, tu ne peux l’imaginer. J’en suis encore épouvanté dans mon ravissement. »

« Par bonheur, j’ai fait un pas en avant depuis le mois de juillet, car je vois déjà le moyen de faire mieux que ce que j’ai écrit dans ma sonate... Je crois que le vrai moyen de corriger une œuvre est d’en faire une autre meilleure. Je crois qu’il ne faut appliquer que médiocrement le précepte de Boileau : 20 fois sur le métier, etc... (...) Il faut travailler toute sa vie a perfectionner un rêve unique dont chaque œuvre particulière est un essai réalisation. »

Au sujet du Quatuor pour piano et cordes (inachevé)

« Mon quatuor, farouche et indomptable, s’allonge de façon inquiétante. Mon piano gémit, hurle et grince pendant la moitié de la journée, épouvanté, sans doute, des accords insolites que je l’oblige à traduire. Les gens qui ont le malheur d’habiter au 4e doivent, anxieux, se demander quelle rage insensée me prend tous ces jours-ci... »

« J’ai la cervelle en ébullition ; mon travail a fait des progrès extraordinaires ; j’ai mille choses à écrire : je suis absolument emballé et marche sur les trottoirs du boulevard en réel halluciné ! ... Joies enfantines, visions d’aube et de printemps et la mélancolie des automnes et les larmes et jusqu’aux cris les plus douloureux, je me tue à mettre dans ma musique toute mon âme. Mais il faut que ce chaos expressif soit aussi un tout harmonieux et, au moment où j’écris la phrases la plus douce, je dois prévoir le développement douloureux qui lui succédera ; c’est non seulement une œuvre terrible à écrire mais surtout écrasante pour en saisir la structure totale . »

« Mon quatuor me prend de plus en plus ; encore un thème à trouver et j’aurai tous les éléments de la première partie. Mais que c’est difficile ! »

« La première partie de mon quatuor est pour moi le cadre de tout un poème du cœur, où mille sentiments se heurtent, où aux cris de souffrance succèdent de longs appels au bonheur ; où des caresses se glissent, s’insinuent, cherchant à calmer les plus sombres pensées ; où des cris d’amour succèdent au plus morne désespoir, cherchant à le dominer comme l’éternelle douleur s’efforce d’écraser la joie de vivre. Comme la seconde partie indiquera l’amour comme source de cette douleur, je suis obligé, en travaillant à la première, de songer constamment à la seconde, et de combiner tous mes thèmes et dessins en sorte qu’ils puissent totalement s’unir à ceux qui viendront plus tard. »

« J’ai hâte de commencer la deuxième partie : je m’y reposerai tout à l’aise dans le décor des caresses les plus douces, car je veux en faire tout à la fois un nocturne et une scène d’amour. »

« J’ai trouvé la fin de la deuxième partie de mon quatuor et tous les thèmes de la troisième. Celle-ci sera plus belle que les deux autres ! ». Malheureusement, il emportera cettem usique avec lui dans la mort (D'indy complètera les dernières mesures du second mouvement)

Guillaume Lekeu était aussi un poète accompli qui commentait toutes ses œuvres de références poétiques, empruntées pour certaines, de sa main le plus souvent.

On cite ici le texte de l’une de ces mélodies : Sur une tombe (Mélodie et poème de Guillaume Lekeu)

...Il suffit que l’on cueille
De quoi parfumer une feuille
L’oreiller du lit d’un cercueil. (A. Lamartine)

La printanière et douce matinée est pleine du parfum des nouvelles fleurs ;
La caresse du vent berce les jeunes feuilles du parc silencieux du Mystère de la Mort.
Sous ces roses dont jadis tu as aimé les sœurs, tu reposes, tu reposes, pure, inoubliable,
Amie, en ton immortelle pâleur.
Les soirs d’hiver, où ma pensée a revécu ton souvenir, se sont fuis ;
Et c’est ta tombe qu’aujourd’hui j’ai voulu revoir.
Oh ! Puisses-tu, de cette tombe aimée où les violettes et les roses
Protègent doucement ton paisible sommeil,
Puisses-tu respirer la senteur triste et tendre de l’immortelle fleur
Qu’en mon cœur fit éclore notre amour éternel,
Notre amour éternel !

L’intégrale des œuvres de Guillaume Lekeu a été enregistrée chez Ricercar. Pour une première approche, je conseille vivement l’excellent disque de musique de chambre édité par Harmonia Mundi (901455). On y trouve le quatuor avec piano, son chef-d’œuvre, ainsi que trois mélodies et plusieurs œuvres diverses très représentatives de l’évolution du style de Lekeu. L’un de mes plus beaux disques !

Albéric Magnard (1865-1914)

 Voilà un compositeur étrange et authentique qui ne laisse à la postérité que 21 œuvres, mais quelles œuvres ! Né à Paris en 1865, licencié en droit, il n’entre au Conservatoire qu’à l’âge de 21 dans les classes de Dubois (harmonie) et Massenet (composition). Mais son véritable maître reste Vincent d’Indy sous la surveillance duquel il compose sa première symphonie en 1890. C’est certes une œuvre de jeunesse, mais on y sent déjà toute la violence harmonique, le rythme instable, le souffle épique, et le lyrisme sensuel et aérien des œuvres futures. Avec sa deuxième symphonie (1893, revue en 1896) et sa troisième symphonie (1896), Magnard prend la véritable dimension de son art. Mais à partir de 1896, une surdité partielle le tient de plus en plus à l’écart de la vie parisienne et il se retire en solitaire dans sa petite maison de campagne de Baron-sur-Oise où il meurt en 1914. Comme Albéric Magnard refusait de se rendre à l’armée allemande, celle-ci brûla sa maison et ses habitants, dont le compositeur, réduisant en fumée par la même occasion de très nombreuses partitions inédites. Compositeur à mettre dans la lignée de Beethoven pour la noblesse, l’ampleur et la puissance expressive de sa musique, Magnard est un indépendant qui se réclamait de Rameau. Son chef-d’œuvre absolu reste sa somptueuse et géniale quatrième symphonie (1913) qui le place à côté des plus grands symphonistes de son époque (Mahler, de cinq ans son aîné, ou Sibélius, né la même année que lui). On lui doit aussi deux opéras magnifiques (Guercœur, Bérénice), un troisième opéra nous étant parvenue sans orchestration, et de la musique de chambre d’une haute intensité : une sonate pour violon et piano, un quatuor à cordes, un trio avec piano et surtout une sonate pour violoncelle et piano dont le mouvement funèbre est la digne réplique de l’émouvant mouvement lent de la sonate pour violoncelle de Vierne. Magnard est l’un des compositeurs français les plus attachants et les plus intéressants du début du siècle. Sa musique authentique, sincère, émouvante et d’une réelle beauté n’a malheureusement pas le rayonnement qu’elle mérite. Sa découverte s’impose à tous les mélomanes.